Les pictogrammes temporels servent à représenter les propriétés temporelles des concepts à communiquer. Dans un contexte de modélisation de base de données, ils permettent d’exprimer les besoins fondamentaux de gestion temporelle, soit la gestion de l’existence d’un objet, de son évolution descriptive et de son évolution géométrique.

Notions temporelles

Primitives temporelles

À l’instar de la spatialité, la temporalité possède également ses primitives, soit l’ « instant » (temporalité 0D) et la « durée » (temporalité 1D). Ces primitives réfèrent à un axe temporel et dépendent de la granularité ou résolution de cet axe. On considère instantané ce qui a une durée inférieure ou égale à la résolution de mesure temporelle (ex. la journée). À l’inverse, ce qui dure plusieurs unités de mesure possède une temporalité 1D. Par exemple, un feu de forêt d’une durée de 3 heures sera un événement durable sur un axe temporel discrétisé en heures et un événement instantané sur un axe discrétisé en jours.

L’univers temporel est, quant Ă  lui, toujours de dimension 1D.

L’existence, la prĂ©sence et l’Ă©volution

L’existence d’un objet est délimitée par sa naissance et sa mort. Elle peut-être instantanée ou durable. Par exemple, un bâtiment possède une existence caractérisée par sa date de construction et sa date de destruction (ex. par un feu)).

L’Ă©volution s’applique aux changements d’Ă©tat d’un concept (durant sa pĂ©riode d’existence). Dans le cas des bases de donnĂ©es spatio-temporelles, il y a deux types d’Ă©volution: l’Ă©volution descriptive et l’Ă©volution spatiale. La première s’applique aux attributs descriptifs qui dĂ©finissent le concept et survient Ă  la suite des changements de valeurs de ses attributs. Par exemple, la valeur marchande d’une maison (attribut du concept Maison) peut varier dans le temps. L’évolution spatiale s’applique aux caractĂ©ristiques gĂ©omĂ©triques d’un concept (position, forme, taille et orientation). Par exemple, une annexe peut ĂŞtre ajoutĂ©e Ă  un bâtiment, ce qui se traduit « cartographiquement » par un polygone plus grand.

Notion supplémentaire pour la modélisation des bases de données spatio-temporelles

Une autre notion temporelle vient s’ajouter aux prĂ©cĂ©dentes, notion, cette fois, intimement liĂ©e Ă  la gestion des bases de donnĂ©es spatio-temporelles.

Temporalité volatile (vs. non volatile): En règle général, un objet est détruit de la base de données lorsque son existence prend fin (date de mort, de rejet, etc.). Par contre, il est parfois souhaitable de le conserver au-delà de son existence. Il en est de-même pour les évolutions, chaque état pouvant ou non être conservé.

Nous avons choisi de reprĂ©senter cette notion avec la circonfĂ©rence des pictogrammes temporels. Ainsi, les pictogrammes « pleins » reprĂ©sentent des temporalitĂ©s non volatiles alors que les « demi-pictogrammes » illustrent des temporalitĂ©s volatiles. Ainsi, pour qu’une base de donnĂ©es soit considĂ©rĂ©e temporelle, on doit retrouver dans son modèle de classes au moins un pictogramme temporel « plein ». Voir la section suivante pour des exemples.

Les pictogrammes temporels

Ă€ l’instar du pictogramme spatial « universel », nous avons Ă©galement dĂ©fini un pictogramme temporel « universel » qui permet uniquement d’exprimer le fait qu’un concept soit associĂ© Ă  une temporalitĂ© quelconque, sans pour autant vouloir la spĂ©cifier (par choix, parce qu’elle est compliquĂ©e ou inconnue, etc.).

Tableau 1: Les pictogrammes temporels
Persistence
Dimensionnalité temporelle Non explicite Non volatile Volatile
Non explicite
0D
Instant
1D
Durée

Règles de modélisation et exemples

Pour faciliter la modélisation des concepts spatiaux, temporels et spatiaux-temporels des bases de données, nous avons défini quelques règles de modélisation basées sur le langage PictograF. Celles-ci peuvent être consultées à la section suivante.