Des pictogrammes pour faciliter la modélisation des bases de données spatiales

Dans le domaine des systèmes d’information gĂ©ographique (SIG), les pictogrammes furent proposĂ©s pour la première fois en 1989, par BĂ©dard et Paquette (5) afin de simplifier la reprĂ©sentation des propriĂ©tĂ©s gĂ©omĂ©triques des Ă©lĂ©ments cartographiques d’un modèle EntitĂ©-Relation (E/R). AppelĂ©e « Sub-Model Substitution », le but principal de cette technique Ă©tait d’Ă©purer les modèles en enlevant les primitives gĂ©omĂ©triques, leur dĂ©finition de type de donnĂ©es et leur relation (alors considĂ©rĂ© comme d’aucun intĂ©rĂŞt pour les utilisateurs) et de les remplacer par des symboles simples reprĂ©sentant seulement l’information d’intĂ©rĂŞt (i.e. le type de gĂ©omĂ©trie). Cette première solution fut testĂ©e dans plusieurs projets et amĂ©liorĂ©e au fil du temps et a menĂ© au dĂ©veloppement de Modul-R (3,4), la première extension spatio-temporelle au formalisme (E/R). Celle-ci a par la suite menĂ©, en 1992, Ă  la conception d’Orion, le premier atelier de gĂ©nie logiciel (CASE tool) compatible avec les SIG.

Cette première solution a influencé nombre de recherches subséquentes. Des exemples de méthodes ou outils utilisant les pictogrammes pour les propriétés spatiales incluent Perceptory , déjà utilisé dans plus de 30 pays, Software Development Process Model avec Objecteering (6), MADS (8), CONGOO (7), UML-GeoFrame with ArgoCASEGEO and STER (9).

De MODUL-R au PictograF, en passant par le PVL

Bien qu’introduite dans les annĂ©es 1970, la programmation orientĂ©e-objet a connu son vĂ©ritable essor dans les annĂ©es 80 et 90. Ce nouveau paradigme est venu changer les manières de faire dans pratiquement toutes les sphères du dĂ©veloppement de systèmes.

L’approche « plug-in » permet Ă  tout utilisateur d’intĂ©grer les pictogrammes dans son propre langage de modĂ©lisation, i.e. sans avoir Ă  apprendre un nouveau langage.

La modélisation n’y a pas échappée, notamment par l’avènement d’UML au milieu des années 1990, qui s’est imposé comme standard. Il était donc naturel de s’y conformer. En 1996, les pictogrammes de Modul-R furent alors révisés pour en faire une approche orientée-objet et modulaire, permettant d’étendre un langage standard comme UML, aux concepts spatiaux et temporels. Ce nouveau langage modulaire fut alors nommé “PVL” pour “Plug-in for Visual Language” (Bédard, 1999). Le développement de ce langage visuel s’est fait en considérant l’importance de la symbiose qui existe entre l’humain, le formalisme et l’outil informatique. Concevoir et développer un langage indépendamment des composantes de cet environnement symbiotique peut mener à une solution intéressante d’un point de vue technique, mais difficilement utilisable par les humains, ou encore mal supportée par les logiciels. C’est ainsi que le langage PVL fut totalement intégré dans un outil CASE de modélisation de bases de données spatio-temporelles (i.e. Perceptory), en respectant l’équilibre entre l’information textuelle (contenue dans le dictionnaire de données) et graphique (présentée dans le modèle).

Plus rĂ©cemment, et avec l’objectif d’étendre la portĂ©e du langage, un retour aux fondements thĂ©oriques du PVL nous a menĂ© Ă  redĂ©finir le langage et Ă  le rendre encore plus universel. Aujourd’hui appelĂ© PictograF, le langage prĂ©sentĂ© dans ce site Web se veut plus gĂ©nĂ©rique et facilement utilisable avec les outils de modĂ©lisation existants sur le marchĂ©. La section Le langage prĂ©sente les Ă©lĂ©ments de base du langage (i.e. les pictogrammes ainsi que les règles de syntaxes servant Ă  crĂ©er les expressions pictogrammiques). Ceux-ci sont dĂ©finis de la manière la plus gĂ©nĂ©rique possible et peuvent donc s’appliquer Ă  tout concept spatial, temporel ou spatio-temporel. La section Utilisations prĂ©sente diffĂ©rentes possibilitĂ©s d’utilisation du langage, le tout illustrĂ© par des exemples concrets. Au niveau de la modĂ©lisation des bases de donnĂ©es spatio-temporelles, l’utilisation du langage est dĂ©montrĂ©e avec trois diffĂ©rents outils de modĂ©lisation (Perceptory, ArgoUML et Visual Paradim). Un effort de formalisation du langage fut Ă©galement fait et est prĂ©sentĂ© Ă  la section Standards (modĂ©lisation UML du langage et reprĂ©sentation EBNF). Finalement, les pictogrammes peuvent ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ©s gratuitement sous forme d’une police de caractères ou encore sous forme d’ensembles de stĂ©rĂ©otypes.

Note: Cette description sur les origines du langage PictograF est issue de la publication (1), consultez-la pour tous les détails.