La gĂ©omĂ©trie fournit les moyens pour une description quantitative des caractĂ©ristiques spatiales en termes de dimension, position, taille, forme et orientation (ISO 19107 – SchĂ©ma spatial). En ce sens, les pictogrammes spatiaux servent Ă  reprĂ©senter le nombre de dimensions spatiales (ou dimensionnalitĂ©) de la forme des concepts Ă  communiquer ainsi que de l’univers dans lequel ils sont positionnĂ©s. Par exemple, une forme ponctuelle a zĂ©ro dimension (0D), une forme linĂ©aire a une seule dimension (1D), une forme polygonale a deux dimensions (2D) et une forme volumique a trois dimensions (3D). La dimension de la forme est reprĂ©sentĂ©e par un symbole de gĂ©omĂ©trie noir et reprĂ©sente la trace au sol ou la projection de sa gĂ©omĂ©trie au sol. Le symbole de la forme est positionnĂ© sur une ligne dans le cas d’un univers 1D, dans un carrĂ© dans le cas d’un univers 2D et dans un cube dans le cas d’un univers 3D. Ă€ noter que, tout comme pour les pictogrammes 2D, les axes x et y de la boĂ®te sont en avant plan tandis que l’axe des z est la profondeur de la boĂ®te.

Dans certains cas, il peut arriver que l’on dĂ©sire uniquement mentionner ou modĂ©liser le fait qu’un concept soit associĂ© Ă  une gĂ©omĂ©trie, sans pour autant vouloir la dĂ©finir ou encore, que sa dĂ©finition soit inconnue (ex. dimension objet inconnue) ou trop compliquĂ©e pour ĂŞtre reprĂ©sentĂ©e sur un modèle. Dans ce dernier cas, la gĂ©omĂ©trie, et l’univers dans lequel elle est reprĂ©sentĂ©e, sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©crits textuellement dans le dictionnaire de donnĂ©es accompagnant le modèle. Ă€ ces fins, nous avons dĂ©fini un pictogramme spatial « universel » (L) qui illustre uniquement la prĂ©sence d’une gĂ©omĂ©trie dans un univers non dĂ©terminĂ©.


Tableau 1: Les pictogrammes spatiaux
DimensionnalitĂ© de la forme DimensionnalitĂ© de l’univers
non explicite 1D 2D 3D
non explicite (L)
0D (forme ponctuelle) (A) (B) (C)
1D (forme linĂ©aire) (D) (E) (F)         (G)
2D (forme polygonale) (H) (I)         (J)
3D (forme volumique) (K)


Dans un univers 1D, les formes ponctuelles (0D) et linéaires (1D) sont respectivement représentées par les pictogrammes (A) et (D).

Dans un univers 2D, les formes ponctuelles (0D), linéaires (1D) et polygonales (2D) sont respectivement représentées par les pictogrammes (B), (E) et (H). Ces formes peuvent être transposées dans un univers 3D (ou plus précisément 2½D) via les pictogrammes (C), (F) et (I). Ces pictogrammes illustrent la forme d’objets plats ou drapés sur le MNT, i.e. n’ayant pas d’élévation propre ou d’épaisseur, comme peuvent l’être un regard d’égout, une route ou un terrain de soccer. Ils illustrent la forme d’objets pouvant être localisés dans un univers 2½D et ont donc une seule coordonnée z par paire x,y.

Pour décrire les formes d’objets ayant plus d’une valeur de z par coordonnées x,y ou une épaisseur, nous utilisons les pictogrammes (G), (J), (K) pour désigner respectivement les objets linéaires et surfaciques qui ne sont pas plats ou drapés sur le MNT ainsi que les objets volumiques. Ces objets auraient une géométrie de point, ligne et surface dans un univers 2D.

Les pictogrammes (F) et (G) illustrent tout type de lignes, de droites ou de courbes (drapées ou non) alors que les pictogrammes (I) et (J) illustrent les surfaces. La distinction entre la forme linéaire plate ou drapée et la forme linéaire verticale ou dressée (G), tout comme la distinction entre la forme polygonale plate ou drapée (I) et la forme polygonale verticale ou dressée (J) s’est révélée la solution la plus intuitive. De plus, elle facilite la transposition avec le pictogramme spatial 2D en permettant de savoir rapidement s’il s’agit d’une forme ayant une seule valeur de z par coordonnées x,y ou bien plusieurs. Ainsi, un arbre représenté par (B) dans un univers 2D, est représenté par (G) dans un univers 3D. Il semble aussi important de conserver une indication relative à l’orientation de la forme par rapport aux axes x et y qui sont utilisés comme base de cartes. Le pictogramme (G) laisse clairement voir, par exemple, qu’un arbre est une forme linéaire avec une hauteur et peut donc avoir soit deux paires de coordonnées x,y et z, soit une seule paire de coordonnées x,y,z,z’ ou soit une paire de coordonnées x, y et un attribut « hauteur ». Le pictogramme (F) ne pourrait nous en dire autant. Il indique que la forme est composée au minimum de deux coordonnées x,y,z et n’a pas d’épaisseur ou n’est pas redressée. De tels détails, sur le plan conceptuel, sont de première importance pour faciliter la discussion avec les utilisateurs. Particulièrement la distinction entre le « quoi » (i.e. un arbre avec une hauteur) et le « comment » (i.e. une ou deux paires de coordonnées, avec ou sans attribut hauteur).

*Note: cette description est extraite de la publication suivante : Larrivée, S., Y. Bédard & J. Pouliot, 2006, Fondement de la modélisation conceptuelle des bases de données géospatiales 3D, Revue internationale de géomatique, Vol. 16, No. 1, pp. 9-28. [Téléchargez l'article complet (.pdf)]
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